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Les exercices de la barre : les battements fondus

Les battements fondus sont un exercice de la barre donnant tout leurs sens au travail du plié et des oppositions. Nous utilisons ce travail dans quasiment tous les mouvements de la danse classique à base de pliés. C’est un exercice très riche en approfondissements et compréhensions des logiques de la danse sur notre corps.

Ainsi, nous allons voir ensemble comment et pourquoi les réaliser avec autant de minutie et d’intérêts.

Pourquoi faire les battements fondus ?

Pour travailler l’amplitude des pliés, leur élasticité et leur résistance

Les battements fondus ont principalement un passage plié, en coupé cheville (ou sinon en jambe sortie tendue). Ce plié est très spécifique aux fondus car c’est un plié non arrêté en position fixe, mais qui lie spécifiquement deux positions : du coupé à la position du battement jeté. Le plié est particulièrement profond pour ensuite se déplier et se tendre progressivement jusqu’à l’arrivée en position finale.

Ces pliés comme l’illustre le nom de l’exercice fondent pour aller d’une position à une autre. On travaille une grande profondeur de plié mais aussi une certaine texture de progression jusqu’au tendu des deux jambes. Ainsi nous allions ce mouvement à une certaine résistance dans l’action de plier et dans celle de tendre. La liaison des deux se conjugue par une certaine élasticité de fin de plié et de fin d’extension, afin de pouvoir enchaîner plusieurs battements fondus ou autres enchaînements.

Pour accentuer l’en-dehors du bas de jambe et l’ouverture des hanches

Lors des battements fondus et grâce au parcours du plié au tendu des jambes, nous avons l’occasion d’accentuer le travail rotatif en dehors des deux jambes. Ainsi, dès le fondu coupé nous tournons nos deux jambes le plus en dehors possible et essayons de maintenir cet en-dehors au maximum jusqu’au tendu des deux jambes. Nous travaillons ainsi l’ouverture des hanches de manière plus aisée grâce au départ en plié profond. Et le bas de jambe s’active de manière presque indépendante et leader du haut de jambe, pour tourner encore plus en en dehors avec le talon devant. Il en est de même pour l’aller et le retour en coupé fondu.

Pour trouver la coordination d’allongement et de plié des deux jambes

Lorsque nous tendons les jambes ou les replions lors des battements fondus, nous travaillons la coordination des deux jambes pour qu’elles soient de manière simultanée dans le mouvement. Ainsi la coordination est très importante dans cet exercice.

Pour sentir l’unité d’allongement et de résistance dans le corps

Même si nous pensons coordination, résistance, allongement et en-dehors pour les jambes, l’exercice des battements fondus va nous permettre d’utiliser ces spécificités aussi au niveau du corps dans son entièreté. L’allongement se traduit ainsi au niveau des jambes mais également au niveau des oppositions verticales du corps (tête-pieds) et horizontales (côté gauche-côté droit). Il en est de même dans la résistance du plié.

Pour utiliser la musicalité dans l’élasticité des allers et retours des fondus

La musique des battements fondus est souvent plus prononcée que pour d’autres exercices, avec des temps forts plus marqués. Du coup cela créer une forme d’élasticité musicale qui sera un très grand support pour illustrer cette dynamique au travers du corps et des jambes. Ainsi l’aller et retour des mouvements fondus sera rythmé par cette élasticité musicale.

Comment faire les battements fondus ?

Par un travail élastique de repoussé dans l’allongement et de résistance dans le plié fondu

Les battements fondus permettent de travailler les liaisons d’un plié en coupé à une position jambes tendues en battement. Ce travail de flexion et d’extension est à réaliser avec une certaine résistance dans chacune des étapes du pas : de la 5ème position tendu au coupé plié, du coupé plié au tendu du battement, puis de nouveau du battement jambe tendue au coupé plié. Ainsi c’est un travail d’aller et retour de résistance vers l’allongement ou vers le plié.

Vers le plié fondu, ce travail de résistance s’effectue en vertical, en imaginant par exemple, un gros ballon de yoga sous les fesses, sur lequel on presse dessus jusqu’à arriver au maximum du plié en coupé. Cette résistance permet de recentrer l’énergie vers l’intérieur du corps, au niveau du ventre et de l’intérieur des cuisses en ayant une certaine consistance dans les mouvements. Arrivé en bout de course par son plié le plus profond, le mouvement repart toute en élasticité dans le mouvement suivant d’allongement.

L’image du ballon que l’on presse lors du plié fondu

Vers l’allongement, ce travail de résistance s’effectue non pas en force mais par le repoussé du sol de la jambe de terre et par le repoussé de l’air au niveau du bas de jambe pour la jambe en l’air. L’image du repoussé de l’air peut énormément nous aider à sentir les oppositions de corps permettant cette extension.

Repoussé de l’air par le bas de jambe de la jambe en l’air et
repoussé du sol de la jambe de terre, lors de l’extension

Et lorsque nous repartons vers le plié fondu en coupé, la résistance se recréer entre l’intérieur des deux cuisses, avec le bas de jambe comme guide de la trajectoire de retour. Nous renouvelons ainsi ce même schéma dans la continuité de l’exercice des battements fondus.

Il existe quelques alternatives au fondu traditionnel depuis le coupé, et lorsque nous exécutons un fondu directement en tendu 4ème devant par exemple, nous pouvons utiliser cette même résistance du bassin vis à vis du sol dans l’action de plier. Avec une élasticité de butée de fin de plié afin de revenir au tendu 5ème de manière fluide, active et toujours avec cette idée de résistance du retour des jambes.

Grâce à l’idée des extrémités du corps « sans fin » et d’un centre puissant

De part l’idée de résistance lors de l’extension du battement fondu, nous pouvons y inclure la notion d’infinité de mouvements. Cette extension, cet allongement de la jambe en l’air et du repoussé de la jambe de terre amène l’idée que le mouvement ne se termine jamais et va au maximum de sa potentialité.

Pour réaliser cette extension maximale, nous allons avoir besoin de créer une opposition dans le corps afin que l’extension des jambes n’emmène pas le bassin avec et ne déstabilise pas par la même occasion l’axe du corps. Ainsi cet exercice des battements fondus permet de renforcer encore plus la notion de gainage du ventre (image de la toile d’araignée), de tenue suspendue du bassin (image du baudrier), du repoussé du sol (image de l’arbre) et enfin de l’allongement dans les hanches avec une grande stabilité du bassin (image des porte-jarretelles).

Dans cet exercice les oppositions d’énergies et de résistances y sont très importantes :

  • le centrage dans le ventre par rapport à l’opposition des directions des pieds
  • la résistance du bassin à rester sur l’axe d’équilibre (jambe de terre) par rapport au décollement de la jambe et à l’espacement de l’articulation de la hanche pour allonger au maximum la jambe en l’air.

Ce travail d’allongements et d’oppositions n’est pas seulement applicable aux jambes mais bel et bien à l’ensemble du corps (la correction grandis-toi), allant des pieds à la tête et d’un bras à l’autre.

Oppositions actives du corps et des jambes

Au travers d’un renforcement actif de l’en-dehors

Comme nous l’avons évoqué précédemment, le plié du fondu et son extension se façonnent par une certaine résistance d’exécution. Cette résistance permet également de renforcer l’en-dehors des deux jambes lors du plié afin de conserver au mieux l’en-dehors acquis lors du plié.

Travail rotatif de l’en-dehors optimisé lors du plié du fondu

Il est beaucoup plus facile de façonner et optimiser son en-dehors au niveau des jambes lors des pliés, et il en est de même lors du coupé fondu des battements fondus. Nous pouvons aussi renforcer cette action d’en-dehors dès que le retour depuis l’extension est engagé pour revenir en coupé. Les jambes sont alors toujours actives et en dynamique, au plein potentiel de leur en-dehors. Bien sûr le but étant de conserver ce potentiel optimisé d’en-dehors depuis le plié, lorsque les jambes se tendent.

Les talons guident alors nos extensions dans l’en-dehors en 4ème devant et 2nd, et au travers de leur abaissement vers le sol, en arabesque.

Au travers d’une coordination des deux jambes

Pour optimiser tout ce travail de résistance, d’allongement, de repoussé et d’en-dehors, la coordination des deux jambes pour arriver dans chaque étape de l’exercice va être essentielle.

Ainsi l’arrivée jambes tendues doit être simultanée pour la jambe de terre et la jambe en l’air. C’est la même chose pour le retour en coupé où la finalité du plié de la jambe de terre arrive au même moment que le coupé sur la cheville. Les trajets sont ainsi amorcés en même temps et arrivés en même temps. Au milieu, le travail de résistance et d’allongement se fait de manière identique et avec la même densité de résistance.

Cette coordination va énormément nous aider pour le travail de l’en-dehors afin de le fournir avec la même intensité, le même contrôle et le même équilibre des forces.

Par un travail actif du glissé de pied lors du coupé

Enfin un dernier point sur la manière de faire le coupé fondu à la cheville depuis la 5ème position. Nous pouvons imaginer l’action de ce pied telle une patte de félin (avec griffes) ou des serres de rapace essayant de ramasser quelque chose sur le sol avant de prendre la forme du coupé. Certains d’entre nous vont parler d’un certain « léché » de pied au sol, avec l’idée d’une action frottant le sol avant de trouver la position finale.

Image du coupé en serre d’aigle pour illustrer le frotté du pied sur le sol

Peu importe l’image que nous utilisons, cette action très particulière du pied donne un accent musical, signifiant le début du mouvement du fondu. Il se fait en résistance au démarrage pendant le glissé au sol avant de se finaliser de manière précise et nette sur le coupé cheville par le retour des orteils.

En quoi les battements fondus nous servent-ils par la suite ?

Nous retrouvons la dynamique de travail des battements fondus dans tous les exercices de la barre qui se terminent ou commencent par un plié (frappés, ronds de jambes en l’air, grands battements,…). Nous y retrouvons l’élasticité des mouvements avec une réelle liaison entre les différents pas, permettant d’éviter des mouvements saccadés.

Au milieu, les battements fondus nous sont utiles de différentes manières et apportent une spécificité à chaque fois différente en terme de qualité de mouvements.

Le premier est celui du principe de pression amortissante-moelleux pour accentuer, mettre en valeur un mouvement, le finaliser : fondus tendus dans les dégagés, développés pliés et grands enveloppés dans l’adage, fin pliée des grands tours sur une jambe, arrivée de grands sauts sur une jambe (grande cabriole arrêtée, grand jeté en tournant finie sur une jambe, …)

Le second est celui du principe du rebond, avec des sauts arrivés et repartis sur la même jambe, des tours relevés sur une jambe, ou encore lors de la préparation de tours allant au relevé, ainsi que pour certains sauts enchaînant sur le rebond sur une jambe (ballonés, temps levé, jetés, ballotés, …)

Le troisième et dernier est celui du principe de propulsion pour tous les appels de sauts, au travers de la résistance et l’élasticité du plié amenant au repoussé du sol en partant d’une jambe : assemblé, jeté, grand jeté, cabriole, brisé, rond de jambe sauté, saut de chat, temps de flèche, etc …

Ainsi les battements fondus sont présents par leur fonctionnement et leur singularité de résistance, d’allongement et de coordination, dans quasiment tous les mouvements avec un plié sur une jambe.

Prochain article sur les battements frappés.

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