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Comment bien utiliser ses pieds en danse classique ? (2/2)

Dans cette seconde partie sur « comment bien utiliser ses pieds en danse classique ? (1/2) », nous verrons par cet article sur la thématique des pieds, leurs dernières fonctions mais pas des moindres : celles de l’appui, de la stabilité et de la propulsion. Nous verrons ainsi, comment les aborder, les comprendre afin de corriger leurs travers, et enfin comment les optimiser pour les adapter à notre propre corps et façonner nos pieds à l’image souhaitée de notre danse.

Car finalement le pied au contact du sol reste le plus important de part sa fonction de puissance de projection, de propulsion mais aussi et surtout de celle de stabilité et d’appui. La base de tout le travail de contact des pieds en danse classique.

3- L’appui, à l’origine de la proprioception

Comme nous l’avons déjà abordé dans l’article sur la correction « grandis-toi », le pied à une fonction naturelle d’appui. De part sa structure et son positionnement anatomique en contact direct avec le sol, faisant ainsi le lien entre le reste du corps et ce sol, si important. Nous utilisons donc naturellement les pieds pour marcher, courir, danser, sauter, … Ils sont l’outil de locomotion parfaite. Mais qu’en est-il en danse ? Comment cet appui peut nous être utile ?

En danse, le pied sert d’appui par un contact plus ou moins conscientisé. Grâce à ce contact, nous pouvons ressentir le repoussé de l’attraction terrestre au travers de l’ensemble du corps. La perception généralisée et crée du corps devient alors la proprioception. Cette proprioception peut être plus ou moins fine et éveillée en fonction de chaque personne. Mais dans tous les cas, elle est présente chez chacun de nous. Et les pieds, point crucial de l’équilibre debout, en sont un des transmetteurs majeurs (en lien avec l’oreille interne).

Ses défauts

Un mauvais appui des pieds peut être à l’origine de bien des malheurs en posture et en mouvement, et créer de nombreuses blessures. Elles sont en général en lien étroit avec un mauvais placement du poids du corps, des genoux ou du bassin.

Il existe différents mauvais positionnement du pied en appui : soit trop en appui sur la partie extérieure ou sur la partie intérieure, ou trop en appui sur le talon ou sur les orteils.

Le sur-appui en partie intérieure du pied ou appelé aussi pied plat, va engendrer un affaissement de la voûte plantaire, un vrille de la jambe en question et de la cheville vers l’en-dedans avec un pincement prononcée du côté de la malléole externe du pied.

Le sur-appui en partie extérieure du pied ou appelé aussi pied creux, va engendrer un soulèvement prononcé de la voûte plantaire avec éventuellement un soulèvement du gros orteil. La cheville est alors en torsion vers l’extérieure et peut générer une laxité excessive amenant à de nombreuses entorses.

Dans les deux cas de figure, les genoux seront mis à mal et de nombreuses blessures chroniques ou soudaines peuvent se manifester. Les hanches seront moins mobiles et ainsi les mouvements des jambes deviendront plus que limitées.

Différents biais et faiblesses de l’appui du pied

Concernant les deux autres travers d’appui du pied : en sur-appui sur le talon ou sur les orteils. Ils sont tous deux liés à un mauvais positionnement du bassin au dessus de la cheville, avec un déplacement prononcé du poids du corps. Ces deux défauts vont créer des compensations très importantes, mais ne sont pas dû à un mauvais positionnement du pied en lui-même.

Petite parenthèse pour les demi-pointes, où l’appui est d’autant plus crucial. Nous retrouvons ainsi les mêmes défauts d’appui externe et interne trop prononcés, avec une potentialité d’entorses très importante.

Rééquilibrer l’appui

Ainsi le placement du poids du corps sur nos pieds va permettre un positionnement plus ou moins bon des pieds. Tout est lié, et d’autant plus avec le reste du corps, car ce positionnent des pieds à une répercussion en chaîne partout ailleurs. Il nous faut donc amener une certaine équité d’appui sur les parties stratégiques du pied en contact avec le sol.

Triangle d’appuis à pied plat

Pour cela imaginons le sol comme étant de la pâte à modeler. Puis trois points d’appui précis, sous le pied, reliés en triangle :

  • la partie charnue en dessous du gros orteil
  • la partie charnue en dessous du petit orteil
  • la zone au milieu du talon.

Imaginons alors ces trois zones d’ancrage, comme des petites boules solides et proéminentes. Elles sont reliées entre elles de manière solide mais souple, malgré tout. De telle manière, que lorsque qu’on imagine ce triangle de trois boules en appui sur le sol « pâte à modeler », les appuis s’étendent, comme un éventail, par allongement vers les orteils. Le tout est soutenu en suspension par la voûte plantaire. L’image de la pâte à modeler pour le sol va aider à visualiser cette connexion, cet ancrage, ou enracinement vers le sol, grâce à l’idée d’étalement dans le sol. Comme si les trois appuis « boules » du pied et le sol « pâte à modeler » ne faisaient plus qu’un.

Extension des appuis par l’image de la « pâte à modeler »

De là, si le positionnement du pied est bon et que le poids du corps est répartit de la même manière et de la même intensité sur les trois boules d’ancrage du pied, alors la fonction d’appui et de base de travail proprioceptif, vis à vis du reste du corps, sera assurée.

Lorsque nous sommes en demi-pointes, un autre triangle d’appui se forme entre trois points d’ancrage :

  • Au niveau de la partie charnue sous le gros orteil
  • Au niveau de la partie charnue sous le petit orteil
  • Sous le 2ème orteil
Triangle d’appuis sur demi-pointes

Nous conservons alors, toujours l’idée d’éventail en allongement vers les orteils. De là vient s’incruster la notion de stabilité de la cheville pour permettre de conserver cet appui dans le bon axe pour les mouvements de danse futurs. Une nouvelle fonction à voir ensemble.

4- La stabilité ou le repoussé statique

Nos pieds ont la fonction principale de stabiliser notre corps, pour que celui-ci reste en équilibre et évite de tomber, peu importe les mouvements. Cette fonction cruciale est valable autant dans la vie quotidienne qu’en danse.

Ce rôle de stabilité des pieds est assuré en danse classique, lorsque les pieds sont donc en appui à plat au sol, ou aussi en position de demi-pointes et sur la pointe des pieds en chaussons de pointes. Ainsi trouver la stabilité dans un relevé, un piqué, un équilibre, un plié, sera grandement liée à la stabilité d’appui et la stabilité du pied en lui-même. Cela sur deux jambes, lorsque les deux jambes sont au sol, ou uniquement pour la jambe de terre, lorsque nous sommes en appui sur une jambe.

Ses faiblesses

Cette stabilité du pied relève principalement du maintien de la cheville dans un axe 2ème orteil/genou/hanche, avec pour base un bon appui triangulaire de la demi-pointe (cf fonction du pied numéro 3, ci-dessus).

Ainsi lorsque la cheville n’est plus dans cet axe, la stabilité n’en est que davantage compromise, et devient dangereuse pour la cheville elle-même. La plus courante des blessures est l’entorse. La cheville se déporte alors par rapport à cet axe 2ème orteil/genou/hanche de manière latérale et va tirer à l’extrême d’un côté les ligaments de la cheville et compresser la zone du côté opposé.

Instabilités de la cheville

Aussi une autre faiblesse existe lorsque nous avons un fort cou de pied. La laxité de la cheville peut entraîner en demi-pointes et en pointes, une hyper-extension (avec affaissement) du devant du pied vers l’avant, et créer ainsi une instabilité. Lorsque le pied à l’inverse n’a pas assez d’amplitude en extension (peu de cou de pied), la cheville peut ne pas rejoindre suffisamment l’axe d’équilibre et d’alignement avec le 2ème orteil/genou/hanche, et donc la stabilité s’en trouve malheureusement aussi lésée.

Pied avec une amplitude diminuée/ pied dans une position correcte/ pied en hyper extension

Ainsi, malgré une bonne musculature, lorsque la cheville ne passe pas directement et complètement par cet axe médian stabilisateur de la position à plat à la position en demi-pointes ou pointes, nous ne pouvons pas trouver l’équilibre et la stabilité, correctement et instantanément, dans le mouvement. Cela entraîne alors aussi de nombreuses compensations dans le haut du corps.

Un équilibre tout en sensations

Pour avoir de la stabilité, il nous faut donc avoir un axe et une certaine tenue. Cela nous donne au final la notion d’équilibre. Un équilibre si souvent délicat à acquérir en danse, que ce soit dans une position déjà arrivée (un équilibre en retiré, par exemple) ou dans un mouvement pour aller à la position (un relevé pour arriver dans la position du retiré).

Reprenons d’abord avec la notion principale vu lors de l’article sur la correction « grandis-toi » : le repoussé. Ce repoussé du sol est en réponse à l’attraction terrestre. Il évite ainsi de s’effondrer sur nous-mêmes et nous permet de rester debout. Les pieds en contact avec le sol sont ainsi la porte d’entrée de ce repoussé pour le diffuser à travers le reste du corps.

Sur deux jambes

Lorsque nous souhaitons trouver la stabilité sur deux jambes déjà installées dans la position d’équilibre, nous prenons en compte d’avoir tout d’abord un appui stable, puissant et équilibré sur chacun des pieds. La stabilité s’installe alors avec une plus grande facilité et la cheville normalement ne vrillera pas ou peu. De légers mouvements d’oscillations sont normaux car cela veut dire que la cheville s’adapte et s’ajuste (tel un porteur d’acrobate en équilibre) à conserver l’équilibre et la stabilité du reste du corps. Dans cette recherche d’équilibre, le repoussé du sol par l’ensemble du corps et de prime abord par les pieds est crucial. Il aide à créer un équilibre non statique et passif (qui attend que le temps passe), mais bel et bien actif, vivant et organique.

Sur une jambe

Ces stabilités actives créent une grande adaptabilité de l’équilibre par rapport à des mouvements du haut du corps, par exemple, lorsque l’on est sur deux jambes. Et lorsque l’on recherche à tenir l’équilibre sur seulement une jambe, en étant déjà positionné, nous avons alors la possibilité de pouvoir bouger la jambe en l’air, tout en permettant à la jambe de terre de s’adapter, tel un funambule sur une corde. L’équilibre est à ce moment-là tenable avec davantage d’aisance et d’adaptabilité.

Cette stabilité de la cheville ne travaille pas seule. Elle est en lien très étroit par la tenue des hanches « portes-jarretelles » avec l’axe cheville/genou/hanche. C’est axe va être un pilier dans chacun de vos équilibres, relevés et piqués, et d’autant plus sur une jambe.

En relevé

Concernant la montée dans l’axe de la cheville lors d’un relevé (en retiré, en attitude, en développé, en enveloppé…et par la suite pour les tours), quelle peut-être l’image à trouver pour que le trajet soit le plus direct et solide possible depuis le pied à plat ?

Lors d’un relevé le trajet de la cheville se doit d’être le plus direct possible dans l’allongement et le repoussé pour éviter les aléas de mouvements parasites de la cheville. La montée de la cheville doit amener avec elle le poids du corps lié par l’axe cheville/genou/hanche. Ainsi nous transférons le poids du corps en équilibre de pied plat à un équilibre sur demi-pointes (ou pointes), le tout sans créer de déséquilibre pendant le trajet. La notion de « porte-jarretelles » apporte ainsi l’équilibre au bassin tout au long du mouvement de montée, cumulée avec celle du repoussé du sol en terme d’appui. Cette notion est capitale pour l’apprentissage de la technique de danse classique future.

Pour un relevé, nous allons imaginer alors l’image d’un rail sur lequel toute la jambe coulisse, du plat vers la station en demi-pointes (ou pointes). Le point de départ à plat est imaginé dans son équilibre et sa stabilité la plus parfaite (en appui et repoussé du pied et en stabilité et suspension du bassin). Il en est de même pour le point d’arrivée en demi-pointes ou pointes.

Nous pouvons associer cette image de rail à celle d’un funiculaire (ou téléphérique selon l’imagination) représentant notre jambe depuis la cheville. Puis ce funiculaire longe en montant le flan d’une petite montagne, qui représente alors notre trajet pour arriver à notre demi-pointes (ou pointes). Le funiculaire est stable, avec un trajet régulier et défini. Aucune instabilité ni chemin de travers n’est envisageable. Il en est de même alors pour notre cheville et l’ensemble du corps qui en dépend.

En relevé avec l’image du « porte-jarretelles » et du « funiculaire »

Et oui tout notre corps change de hauteur et a parcouru proportionnellement le même chemin que la cheville pour monter. Du coup le corps lui-même ne peut pas être passif et ajouter une action descendant par un certain poids pendant la montée en demi-pointes. Le reste du corps doit s’auto-porter en équilibre et utiliser le repoussé de la « montée de sève » pour rester connecté avec l’initiateur du mouvement en terme mécanique, les pieds.

En piqué

Le voyage du corps est encore plus accentué lors d’un piqué, mais reste avec le même principe du rail pour amener le bassin et tout le reste du corps en équilibre sur la jambe de terre.

Souvenons-nous du rôle directionnel du pied creusant le sol pour aller jusqu’à la butée finale et lointaine, et de là amener le bassin au dessus de l’axe crée par le pied. Cet élan suspendu est maîtrisé et réalisée de manière calme avec une grande précision de puissance de la jambe de propulsion.

Lors de chaque étape de ce piqué, nous conserverons l’équilibre au sein de chaque partie du corps, c’est extrêmement important en adéquation avec l’ensemble du mouvement de piqué. Et la cheville de la jambe du piqué se stabilise par le repoussé du sol associé à l’image des rails (pour éviter toute déviation de la cheville), tout en répercutant ce repoussé sur l’ensemble du corps pour une stabilisation globale et unifiée du corps. Cette stabilisation doit vraiment rester douce, organique mais bien active.

Ainsi si nous nous auto-portons tout en repoussant de manière très active les pieds depuis un mouvement plié, nous pouvons créer un repoussé en dynamique amenant à la propulsion.

En piqué

5 & 6- La propulsion ou le repoussé dynamique & l’amortissement ou l’absorption d’énergie

Ainsi les pieds ont aussi la fonction de propulsion, par un repoussé devenant tellement actif et puissant que les pieds nous propulsent alors dans les airs. Essayez de sauter en l’air, sans l’aide des pieds, c’est quasiment mission impossible !

La propulsion est donc la continuité logique du repoussé du pied depuis le sol à plat, à la demi-pointe puis la pointe, elle en est son apothéose. Plus la propulsion est puissant, linéaire et verticale, plus le saut réalisé est d’une grande hauteur. Plus la propulsion est puissante, linéaire et horizontale, plus le saut réalisé est d’une grande longueur.

Nous utilisons donc la propulsion dans chacun de nos sauts. Mais nous l’utilisons aussi lors d’un déplacement directionnel au sol, avec déplacement du poids du corps (et donc du centre de gravité), lors d’un pas de basque ou une glissade, par exemple.

Il en est de même pour l’amortissement ! Si la propulsion est pour projeter ce repoussé en l’air, l’amortissement est pour absorber toute l’énergie du retour au sol par les pieds. Cette fonction est très importante en danse classique, car le plus souvent on nous demande d’atterrir avec légèrement, sans faire un bruit « d’éléphant » !

Les compensations

Souvent, nous nous laissons dépassés par l’évènement, à cause d’un trop plein d’énergie, d’une direction mal maîtrisée du repoussé, d’élans de jambes trop puissants ou tout simplement de l’envie de sauter en oubliant que le repoussé part des pieds et non du haut du corps… Tous ces éléments créent des compensations. Peut-être vous retrouverez-vous dans l’une d’elles ?

A la verticale

Voyons tout d’abord, quelles conséquences a ce trop plein d’énergie venant des pieds. Souvent l’envie de tout donner est la plus dévastatrice. Elle fait exploser notre unité de corps en mille morceaux, en termes de sensations mais aussi structurellement. Cela a un impact sur la propulsion, la qualité du mouvement mais également sur l’atterrissage.

Les principales compensations liées à ce trop plein d’énergie de propulsion des pieds sont :

  • De projeter son haut du corps vers l’arrière (ouverture prononcée de la cage thoracique vers l’avant) avec une poussée des pieds inconsciente également vers l’arrière
  • De tirer sa tête vers l’arrière et de crisper le cou et monter les épaules en conséquence
  • De projeter les bras en dehors du mouvement prévu initialement
  • De relâcher la tenue du corps et du ventre permettant d’unifier le corps
  • De créer une décoordination des jambes entraînant une difficile préparation à l’atterrissage
  • De lâcher le dos vers l’avant à l’atterrissage avec tout ce qui va avec : épaules vers l’avant, jambes déséquilibrées tendant vers l’en-dedans avec un un désaxement du genou
  • Une difficulté à continuer d’autres pas dans un enchaînement rapide car le corps n’est pas en équilibre et suffisamment alerte pour être prêt à redémarrer (il subit encore les conséquences du mouvement précédent)

Voyons ensuite les compensations en conséquence d’un manque d’énergie de propulsion des pieds. Souvent dû à un manque de puissance musculaire des pieds, ou bien, par manque de conscientisation de l’action des pieds dans la propulsion, nous essayons alors de nous propulser en s’auto-allégeant le haut du corps.

Voici les compensations liées à ce manque d’énergie de propulsion des pieds :

  • Nous crispons le haut du corps, avec une tête projetée consciemment vers l’arrière en pensant se grandir.
  • Des bras tétanisés avec des trapèzes contractés
  • Une projection des jambes et pieds vers l’arrière du corps
  • Un manque de conscientisation des pieds. Cela conduit à une certaine mollesse de propulsion des pieds, une mollesse du pointé tendu des pieds pendant le saut, et créant ainsi un atterrissage de saut sans retenu, ni amorti, subit par une arrivée prématurée
  • Un retour des jambes difficile et plutôt lent lorsque les jambes ont été écartées dans le saut, à cause d’un manque de rapidité en général
  • L’inexistence de la conscientisation unifiée du corps, et par la même, peu ou pas de capacité d’anticipation pour le pas suivant afin d’enchaîner les mouvements
  • Une respiration saccadée voire retenue en apnée
A l’horizontale

Pour les pas avec propulsion à l’horizontal (glissade, saut de chat Balanchine, grand jeté, …), les problématiques de trop-plein d’énergie et de manque d’énergie de propulsion des pieds sont les mêmes. Les compensations varient légèrement par rapport aux propulsions uniquement verticales, mais ce rejoignent sur quelques points.

Les compensations liées au trop plein d’énergie de propulsion des pieds sont :

  • Une amplitude de mouvement outrepassée physiquement et subie par le danseur
  • Un déséquilibre du haut du corps, avec des bras qui subissent la trajectoire du corps en restant en arrière de la trajectoire du mouvement, ou à l’inverse anticipent excessivement le mouvement et sont projetés en amont du reste du corps
  • Une projection du corps au delà du nécessaire de la trajectoire initiale du saut, avec un déséquilibre lors de l’attérissage
  • Des appuis de réception fragiles, subissant un élan de trajectoire trop fort

Les compensations liées au manque de propulsion des pieds sont :

  • Une amplitude de mouvement réduite et un parcours du pas rétréci par rapport à sa projection initiale
  • Un bas du corps donnant l’impression de lourdeur et empêchant de se projeter dans le parcours du mouvement (fesses lourdes ou en arrières)
  • Un haut du corps voulant aider outre-mesure, entraînant une montée des épaules et des bras, avec un cou crispé

Comme nous pouvons le constater, ces compensations se rejoignent sur le fait d’un manque d’équilibre et d’unité dans le corps. Ces deux éléments clés permettent de faire des enchaînements de sauts de façon plus simple et aisée. N’est-ce pas ce que nous recherchons réellement dans les sauts ?

Trouver l’équilibre dans les airs

Comme pour le repoussé en statique, l’idée de ligne et d’alignement dans le corps sera une base pour permettre à la propulsion de projeter le corps de manière unie dans les airs.

L’action de la propulsion se fait certes par les pieds, avec un déroulé des pieds du plat, à la demi-pointes et finaliser par l’action des orteils en pointes. Mais la propulsion et l’élévation qui en résulte doivent se faire ressentir aussi dans tout le corps avec la même intensité et la même volonté de s’élever dans l’unité et l’équilibre.

Propulsion proportionnée et équilibrée dans tout le corps

Mais avant toute chose, nous nous devons d’être stables dans la préparation, en position neutre et en équilibre ressentis dans chaque partie du corps. Cela va permettre d’avoir déjà une sensation naturelle d’équilibre et d’unité dans le corps lors de la préparation du saut. Aucune contraction ou tension parasite n’est utile. Ainsi les notions abordées dans chacun des 5 articles sur « les 5 corrections les plus données en cours de danse classique » vont nous être d’une grande utilité. Il faut un minimum les sentir pour permettre que dans l’action d’un mouvement plus dynamique, tout ne se volatilise pas.

A la verticale

Il faut s’imaginer alors, que dans une propulsion verticale ( un soubresaut par exemple en première position), les pieds vont propulser le corps sur une trajectoire linéaire, exactement perpendiculaire au sol. Chaque élément central, axial et d’équilibre du corps passe ou suit parallèlement cette ligne de trajectoire dans la montée, mais aussi dans la descente. Ainsi ni les bras, ni les pieds ou toute autre partie du corps ne dévient de cet axe d’équilibre initialement installé avant la propulsion.

Pour certains d’entre nous, le fait de penser à une ligne de projection sera suffisant, pour d’autres, nous devrons utiliser l’image des « rails » (utilisés dans la stabilisation sur demi-pointes) ou de « couloirs » pour aider à faire ressentir cette notion de ligne axée dans les airs. Dans tous les cas ces notions ou images sont valables sur tous les plans (couloir devant/derrière, côté droit/côté gauche et haut/bas). Le bassin reste en équilibre parallèle au sol tout comme la tête et la ceinture scapulaire. Le gainage du ventre en « toile d’araignée » permettra de maintenir l’ensemble du corps uni et porté grâce aux « ailes d’ange » alors déployées.

Toute la solution réside donc dans la conservation de l’équilibre initialement installé dans le corps, lors de la montée, pendant la suspension du saut et lors l’atterrissage.

Mais concernant les problématiques de puissance de propulsion des pieds, comment les gérer, me direz-vous ? Et bien soit il y a un manque de puissance musculaire des pieds évident, et là des exercices spécifiques de kinésithérapie pourront vous aider à augmenter cette puissance. Soit l’utilisation de cette puissance crée un déséquilibre. Et là nous allons devoir inverser notre façon de penser !

Pensons d’abord à amener notre corps en équilibre dans le saut avant de penser à la hauteur voulue de l’élévation du saut. Cela peut paraître bizarre de prime abord mais, vous verrez, la plupart de vos défauts compensatoires vont disparaître en pensant de cette manière. La puissance de saut sera là et même se développera davantage. Bien sûr, il faut ajouter à cette notion d’équilibre, celle de la montée linéaire et suspendue de tout le corps (vue précédemment). Et de là, toute la puissance de propulsion va élever notre corps et non l’éparpiller !

A l’horizontale

La particularité de ces déplacements (sissonnes, saut de chat, grand jeté, …) est qu’en plus d’une propulsion verticale, il y a une idée de trajectoire où nous devons nous retrouver en équilibre pendant le saut mais aussi à la fin, afin d’enchaîner avec d’autres pas.

Dans ce domaine l’image du « baudrier » va nous aider à ressentir la notion d’équilibre dans le corps, par un point névralgique, celui du bassin. Si le bassin est en équilibre et que le haut du corps reste en lien, équilibré et soutenu au dessus de celui-ci, alors le corps sera en équilibre. Et le baudrier libérant les jambes leur permettra de se sentir libres et longues afin de se mouvoir, pour s’écarter, battre, se plier et se déployer, …

Ainsi, l’action du « baudrier » prendra effet dès lors que la propulsion commence, puis suspendra le corps pendant le saut tout en équilibre et accompagnera la descente. Le « baudrier » accompagnera ce déplacement horizontal pour permettre que le poids du corps aille du point de départ au point d’arrivée sans créer d’instabilité ni de désordre dans le corps tout au long du saut.

Saut avec déplacement
A l’atterrissage

Lors des atterrissages de sauts, nous devons nous préparer à amortir l’action descendante liée à l’attraction terrestre. Et en même temps nous devons aussi souvent, nous préparer à enchaîner avec d’autres mouvements.

C’est alors que les pieds vont avoir une fonction d’absorption d’énergie. Cette énergie sera soit relayée pour accompagner le pas suivant, soit au contraire, absorbée complètement pour obliger le corps à s’ancrer au sol afin de s’immobiliser.

Bien sûr, dans tous les cas cela se passe par un déroulé des pieds de la pointe, à la demi-pointe, au posé du talon avec un appui équilibré et suspendue (cf fonction numéro 3).

Pour continuer

Là est le début d’une grande potentialité de mouvements libérés, en équilibre et prêts à être optimisés. Ainsi nous aborderons dans de futurs articles toutes les notions et images permettant d’améliorer et d’optimiser son saut, sa batterie, ses moyens et grands sauts.

Finalement, dans la plupart de ces différentes fonctions, nous retrouvons une notion clé pas encore abordée, mais extrêmement liée à la notion d’équilibre : le centre de gravité.

Prochain article sur le centre de gravité et le poids du corps.

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